Chaque semaine, Hugo Bachelet et Romain Zanol vous donnent rendez-vous pour des enquêtes, des infos exclusives et des entretiens dédiés à la scène politique lyonnaise. Cet épisode est inclus dans un abonnement à prix libre, nous vous invitons à nous soutenir pour que notre travail puisse continuer à faire vivre le débat démocratique. Au menu cette semaine : Francis Lalanne furieux, l’école catholique intégriste de l’Ain qui sèche le 8 mai, et des fritures sur la ligne entre la Métropole et la Ville de Lyon. L’enquête politique de la semaine : le sort des presque 2.000 mineurs non accompagnés présents dans la métropole lyonnaise pourrait être bousculé avec l’arrivée au pouvoir de la droite et ses positions floues sur le sujet.

Francis Lalanne écrit à L’Arrière-Cour
En début de semaine, nous révélions que le local de Spartacus avait été mis à disposition d’Égalité et Réconciliation, l’association antisémite d’Alain Soral. Notre enquête a fortement déplu à Francis Lalanne, qui avait tenté de se présenter sous l’étiquette de Spartacus. Il nous écrit : « Je viens d’apprendre que vous et votre journal m’avez diffamé dans la presse. […] J’ai donc transmis votre diarrhée verbale à mon avocat pour qu’il étudie les suites juridiques à donner à votre agression publique. »
Avant la publication de notre article, L’Arrière-Cour a contacté à plusieurs reprises Francis Lalanne, ainsi que d’autres membres de Spartacus, dont son président, Michel Dulac. Si ce dernier a accepté de nous répondre, Francis Lalanne, quant à lui, est resté sur répondeur…
Pauline Marie Jaricot sèche le 8 mai
Il y a du mouvement à Châtillon-sur-Chalaronne, depuis nos révélations sur la Maison d’éducation Pauline Marie Jaricot, une école catholique intégriste pour jeunes filles dans l’Ain. En effet, un collectif de citoyens engagés, baptisé « Non à la MEPMJ », monte au créneau depuis plusieurs semaines. Le principal cheval de bataille du collectif, c’est la promesse de vente assortie au bail signé entre l’école et le maire LR de Châtillon, Patrick Mathias, réélu lors des élections municipales de mars. Ce dernier met à disposition de la MEPMJ les locaux de l’ancien musée municipal via un bail (très) avantageux, comme le révélait L’Arrière-Cour en décembre dernier.
D’autres médias se sont tournés du côté de Châtillon, notamment Mediapart, qui cite les informations de L’Arrière-Cour dans une enquête publiée le 6 mai. Deux jours plus tard, lors des commémorations du 8 mai, les habitants ont eu la surprise… de voir les jeunes filles de la MEPMJ absentes de la cérémonie. Celles-ci étaient pourtant en bonne place, aux côtés du maire, lors des deux cérémonies précédentes. « C’est l’effet médiatique, on sent Patrick Mathias mal à l’aise avec la question », souffle auprès de L’Arrière-Cour une des personnes à l’origine du collectif.
Rendez-vous manqué entre la Ville et la Métropole
Le dialogue semble difficile entre la Ville de Lyon et la Métropole. Alors que la requalification de la place de l’Abbé-Larue (5e arrondissement) vient de se terminer, la Ville aurait contacté la Métropole afin d’organiser une inauguration du lieu ensemble. Une invitation repoussée dans un premier temps pour cause d’indisponibilité sur les créneaux proposés, puis finalement restée lettre morte une fois de nouveaux créneaux avancés.
Ironie de l’histoire, c’est sur cette même place que Véronique Sarselli a donné rendez-vous à la presse, mardi dernier, pour parler sécurisation et réouverture aux voitures de la montée du Chemin-Neuf, qui avait été rendue uniquement cyclable à l’automne 2024. De quoi crisper la mairie de Lyon. « Finalement, elle était disponible », ironise un membre du cabinet de Grégory Doucet. « Mais visiblement, ils préfèrent dévaloriser ce qui a été fait dans le mandat précédent… On va finir par ne plus les inviter. »
L’arrivée de la droite à la Métropole pourrait bousculer la prise en charge et les dispositifs d'aide des mineurs non accompagnés (MNA). Pour les collectifs qui œuvrent sur place, le futur de ces jeunes isolés demeure incertain, alors que leur hébergement est une priorité. Sur la question, la position de Grand Cœur lyonnais reste floue.